Culture & Organisation

[Focus RH] Communautés en entreprise : engagez vos collaborateurs !

Les pratiques de travail sont en pleine révolution ! Adoption du flex-office, télétravail, mode agile, holacratie… un vent d’autonomie souffle sur l’entreprise et fait vaciller sur son passage la notion même d’équipe fondée sur une logique de territoire et de silos. Mais est-ce que cela signifie pour autant que nous travaillons seuls voire que nous sommes plus isolés ? Quelles nouvelles formes prend le travail collaboratif dont on parle tant ? Au sein des organisations, on observe l’émergence de communautés, de “tribus”: des groupes de personnes qui se rassemblent autour d’un sujet et qui partagent un projet commun. Assez naturellement, elles agissent – virtuellement parfois – ensemble afin d’atteindre des objectifs.  Plus fluide, porté par le sens et empreint de diversité, ne serait-ce pas le nouveau modèle collaboratif levier de l’engagement… perdu ?

Pistes de réflexion et idées pour créer vos propres communautés.

1. Être en phase avec les changements organisationnels en cours

En quête d’innovation et de “knowledge management”, les grands groupes adoptent aujourd’hui le mode projet, agile ou matriciel. Point positif, il renverse la rigidité et l’étanchéité d’une hiérarchie peu encline à l’autonomie. Bémol : il peut être déroutant pour les collaborateurs : à qui “reportent-ils”, comment exprimer leurs idées ou besoins, à qui faire confiance ? La création de communautés – virtuelles ou réelles – se “pluggent” assez naturellement à cette horizontalité. Elles permettent de tisser des liens en privilégiant des instants de création et des espaces d’échange. En libérant la parole, de vrais pôles d’expertise et d’innovation peuvent émerger à condition de les faire vivre. Le rôle des managers est donc clé : Ils doivent “changer de casquette” devenir des coachs en charge de faire émerger les idées de ces communautés. Nouvelles compétences exigées ? Écoute active, intelligence émotionnelle et bienveillance.

2. Recréer un cadre bienveillant pour ajuster les effets collatéraux du flex office

Nous avons tous besoin de repère. L’être humain est ainsi, c’est la logique de territoire ! De nombreuses entreprises pratiquent le desk sharing ou flex office censé fluidifier les échanges et créer de la sérendipité. Selon l’étude “Relation entre l’environnement de travail et le bien-être des salariés”, réalisée par OpinionWay pour le cabinet CD&B, 68% des salariés français y sont défavorables. Les causes invoquées : sentiment d’isolement ou déshumanisation de l’espace. Cette perception négative peut-être atténuée en tissant des liens… non pas fondés sur l’espace mais sur les centres d’intérêt et les passions. Proposez des activités autour du sport, l’art & la culture, le bien-être… ces initiatives rassemblent des personnes motivées. Ce sont dans ces espaces informels de “quality times” que le sentiment d’appartenance se régénère !

3. Accompagner la mise en place du télétravail sans prendre le lien

En 2017, 65% des personnes travaillant dans un bureau étaient intéressées par le télétravail et aujourd’hui 25% le pratiquent déjà (Ipsos). C’est une source indéniable de flexibilité et d’équilibre entre vies professionnelle et personnelle pourtant, les salariés interrogés soulignent que : “le télétravail peut limiter les relations entre collègues (44%)”. Est-on vraiment dans un choix cornélien entre isolement ou flexibilité ? D’après les créateurs de Remix Coworking : “On peut vouloir travailler de manière indépendante, et pourtant ne pas travailler seuls.” Là encore, l’animation de communautés maintient la cohésion d’équipe que la distance peut étioler. Comment ? En interne, multiplier les espaces de co-working ou collaboratifs au sein de l’entreprise : fablab, ancienne salle de réunion reconvertie en espace créatif, salle de design thinking… En externe, encourager ceux qui veulent tester les tiers-lieux (¼ des actifs les utilisent selon l’Observatoire Actineo) : espaces collaboratifs hybrides où différentes communautés de travailleurs (start-up, indépendants, salariés…) se croisent, ils favorisent des synergies innovantes.

4. Se mettre au diapason avec les attentes des nouvelles générations

Les Millenials, 50% de la population active en 2020, sont nés avec cet esprit “tribu”. Les réseaux sociaux sont une forme de communauté virtuelle à laquelle ils sont habitués et qui “pollinise” leurs manières de travailler. Pour répondre à des problématiques, cette génération ne va pas forcément se référer au nombre de galons d’un manager. Elle va solliciter “la communauté” d’experts ou de contributeurs volontaires. Cette forme de collaboration, plus autonome et naturelle, est fondée sur la spontanéité, la confiance et l’expérience. Profiter de ces nouveaux usages pour “casser” les codes et faire vivre l’intelligence collective grâce à des “hubs” de réflexion : par centre d’intérêt, expertise ou pour réfléchir sur les innovations. Vous répondrez à la quête de sens et l’envie d’agir de ces jeunes talents, un plus pour votre marque employeur ! Ce n’est pas un hasard si la majorité des Top Employers Linkedin anime des communautés : pour encourager les “digital natives” à soumettre leurs idées, le réseau YPN (Young Professional Network) de Engie a été créé où 900 talents collaborent sur des innovations à soumettre comité exécutif.

5. Tirer profit de la diversité au sein des entreprises internationales

Les groupes internationaux vantent souvent la richesse que leur apporte le multiculturalisme. Qu’en est-il vraiment ? Il n’est pas si simple de faire circuler les fabuleuses idées nichées aux quatre coins du monde ? Les conf-call à 60 participants ou les réunions à des heures décalées sur des sujets imposés créent plus de frustration que de plaisir à travailler ensemble. Là encore, la mise en place de communautés inter-pays pour travailler et collaborer sur des sujets stratégiques à fort impact (sociétal, écologique, innovant…) est un formidable outil de co-création pour faire sauter les verrous culturels et tirer le meilleur de cette diversité. D’abord virtuelles via des groupes en ligne (sur Workplace ou Slack), ces communautés peuvent aussi – ponctuellement – prendre la forme de rencontres  : chez MakeSense lors des “SenseCamps”, des événements sont organisés pour réunir les volontaires de tous les continents.

 

Chez Yuco, nous sommes convaincus que les communautés sont avant tout des “espaces” complémentaires aux relations humaines formelles imposées par l’organisation. Elles lèvent les blocages et lissent le formalisme pour donner vie à une nouvelle manière de co-créer au sein de toute l’organisation.

Découvrez nos communautés sportives, créatives et culturelles.

 

Laure Girardot